La Bretagne se focalise sur son économie

Economie bretagne

Le régionalisme breton se porte surtout sur la politique d’économie qu’en politique qu’économique avec sa forte identité culturelle.

Révolte des bonnets rouges

Il y avait de l’exotisme dans la révolte des bonnets rouges effectuée à l’automne 2013. Des ouvriers, des agriculteurs, des artisans, de petits patrons ou de représentants de la grande distribution ont défilé ensemble en portant le gwenn ha et le drapeau de la Bretagne en bandoulière. Les Bretons se sentent très Français

Jean Ollivro, géographe et président de l’association Bretagne Prospective a affirmé qu’il n’y a pas de nationalisme en Bretagne, que les Bretons se sentent très Français, et qu’ils sont très attachés à leur territoire.

Plus économique que politique, le régionalisme breton est marqué par une forte identité culturelle, contrairement à d’autres régions.

Romain Pasquier a déclaré que le mouvement autonomiste, majoritairement de gauche, n’a jamais été très puissant. En effet, il est parvenu juste à 5 à 6 % aux élections. Cependant, le courant de centre droit issu de la démocratie chrétienne, très sensible à l’idée régionale, existe toujours depuis, et ce sont les patrons qui l’incarnent.

Jean Ollivro explique que cette situation n’est pas nouvelle puisqu’elle avait déjà mené à la création du Comité d’étude et de liaison des intérêts bretons ou Celib en l’an 1950. L’objectif était de demander à l’État des investissements massifs dans les infrastructures régionales, notamment routières. Aujourd’hui, cela se porte davantage dans une multitude de structures de réflexion et de réseaux informels destinés à promouvoir un développement régional autonome des élites politiques.

CAC 40 : les bretons

Le Club des Trente est une structure ralliant de grands patrons du CAC 40 d’origine bretonne est le plus discret et le plus puissant. Ils font surtout dans le champ international mais ils n’oublient jamais d’où ils viennent. Yannick Le Bourdonnec l’affirme en disant qu’ils ont le sentiment breton chevillé au corps. Celui-ci est ancien journaliste économique qui organise cinq fois par an, les Dîners celtiques, lors desquels des Bretons de Paris les plus influents se réunissent.

L’Institut de Locarn est très présent et très actif sur le terrain. On a pu le voir déjà avec la création du think tank en 1991 par Joseph Le Bihan, un ancien professeur de HEC, avec Jean-Pierre Le Roch, fondateur d’Intermarché. Il a aussi apporté beaucoup de contribution dans le courant de ses vingt dernières années à pousser les acteurs économiques locaux à se prendre en main. Le président, Alain Glon a affirmé que l’objectif était de positionner le territoire dans la mondialisation. Il a déclaré qu’il fallait se préparer et anticiper après l’économie administrée des Trente Glorieuses.

En effet, on peut apercevoir le label Produit en Bretagne. Son phare blanc sur fond de carte jaune et bleu de la Bretagne montre les produits fabriqués par des entreprises installées en Bretagne.

Une authenticité à rechercher

Aujourd’hui, l’association s’est bien développée aux services et se constitue de 350 entreprises et 100.000 salariés. Selon son analyse, Romain Pasquier dit que c’est la première tentative de valorisation commerciale d’une identité culturelle, la recherche de l’authenticité dans un monde globalisé et une forme de régionalisme alliant économie et culture. Son directeur, Malo Bouëssel du Bourg a répondu que cette démarche vise à mobiliser des acteurs du territoire, notamment les gens en leur rappelant qu’ils ont aussi un rôle à jouer en achetant breton.

Ce principe de subsidiarité, hérité de la doctrine sociale de l’Église catholique, est aussi sollicité par certains décideurs dans le champ politique. L’Institut de Locarn et Produit en Bretagne ont soutenu les bonnets rouges sans afficher trop ouvertement des revendications institutionnelles et défendent une Bretagne à cinq départements comprenant la Loire-Atlantique.

Les bretons sont légitimistes

C’est une forme d’autonomie en matière d’économie qu’ils veulent soutenir. Alain Glon explique que les Bretons sont légitimistes quoi qu’ils puissent paraître et le sujet ne se porte pas sur l’indépendance mais sur le fait que l’État se retire de l’économie. Certains jugent que c’est une vision trop politique ou trop libérale. En effet, l’écrivain Françoise Morvan a accusé ce principe de l’Institut de Locarn de dérives autonomistes dans une tribune publiée dans Le Monde. La Bretagne est puissante à Paris, mais elle n’ pas la capacité de se procurer un statut particulier.

La région a tout de même vécu mal l’occasion manquée de la réforme territoriale. Jean Ollivro confirme qu’il y a globalement une inertie institutionnelle. Cependant, les patrons n’attendent plus rien de l’État qui refuse de leur faire confiance. Ils pensent à obtenir une liberté d’action plus grande pour développer leur territoire mais cela n’émane pas forcément sur une revendication politique.

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